Inde
des sens
Images
et parfums
Photographies
de Véronique Durruty
et Patrick Guedj
Espace
Asia
5,
rue Croix Baragnon, Toulouse.
Exposition réalisée en partenariat avec Revista - Picto Toulouse - Firmenich
Acquérir des
œuvres de « Inde des sens »

Véronique Durruty et Patrick Guedj ont fait
un drôle de voyage en Inde.
Il y ont pris des photos en
regardant avec leur nez.
Lorsqu’une image n’était
pas odorante, il fallait l’oublier…
ou bien
tourner autour, respirer mieux, cadrer différemment, pour qu’elle le devienne.
Au retour, il sont allés
voir les « nez » de Firmenich, qui comptent
parmi les plus grands du monde ( FlowerByKenzo,
CK1 de Calvin Klein, La Cologne de Mugler, le
Classique de jean-Paul Gaultier,
hypnose de Lancôme, Kenzo Amour…) et ils leur ont demandé d’inventer des
fragrances inspirées de ces photos olfactives de l’Inde.
Ainsi sont nés 6 parfums :
l’odeur de l’eau par Alberto Morillas,
une fragrance inspirée des
photos du fleuve où l’on se baigne, lave son linge, porte les offrandes,
parfum de femme par Joseph Limarcher,
les fleurs dans les cheveux,
les huiles ayurvédiques, le soleil sur la peau,
des notes vertes par Alberto Morillas,
un parfum né des photos de la campagne indienne, du
ciel, du vert fluo des rizières et des feuilles,
volutes de chaya par Joseph Limacher,
le temps de la pause,
l’odeur du thé aux épices mélangé aux effluves
des beedies,
marché aux odeurs par Nathalie Lorson,
les couleurs et les parfums
éclatent, juxtaposant épices et légumes, mangues et roses fraîches
l’odeur du sacré par Alberto Morillas,
celle du clair-obscur des
temples et du trop-plein d’offrandes
à découvrir avec les
images qui les ont inspirés
dans une exposition où
couleurs et senteurs s’entrechoquent et se répondent
pour un voyage polysensoriel.
« Ce
voyage dans les parfums de l’Inde, nous l’avions préparé pendant des mois.
Maintenant, depuis le quai numéro huit, à Delhi, où l’on attend le Coromandel express, on se revoit à
Paris, évoquant les thèmes olfactifs possibles, discutant des correspondances
entre parfums et couleurs, cherchant des passerelles scientifiques, subjectives
ou sensorielles, pensant à ce qu’il nous faudrait « couvrir » pour
être exhaustif, crédibles, sur cet immense sujet, les parfums de l’Inde,
faisant les rats de bibliothèque et fréquentant plus que de raison des restaus
indiens de France pour humer une pré-Inde,
s’entretenir avec les propriétaires des sensations de leur pays en odeurs.
Depuis notre quai numéro huit, on se revoit établir un plan de route, des
parcours très clairs, faire ressortir les idées fortes, celles à côté
desquelles il ne faudrait pas passer, sous peine de rater notre histoire.
Pourtant, on avait le sentiment de connaître si bien l’Inde. Alors, pour
préparer notre safari olfactif, il suffisait d’être clair, précis, rigoureux,
organisé, il suffisait d’anticiper,
avec une solide culture du voyage. Depuis notre quai de Delhi, on se revoit,
avec nos plans sur la comète, négliger l’essentiel.
L’Inde ne se prépare pas, elle s’aborde avec
candeur, avec oubli, oubli de nos réflexes, oubli de nos voyages antérieurs – y
compris et surtout en Inde -, oubli de la performance photographique, pour
se laisser aller à ce nouveau voyage, comme si c’était le premier, comme si
l’Inde jamais n’allait sentir ce que l’on attend d’elle.
Il ne faut rien
attendre de l’Inde, sous peine de n’y rencontrer que ce qu’on a vite oublié de
retour en France. Les chefs de gare englués dans un mutisme détaché, les
blattes parcourant les épaules d’un rêveur endormi par terre, les oiseaux verts
encastrés dans le ciel de plomb, perchés sur des fils électriques fléchis, les
serpillières moisies remplissant les
petites mains d’enfant nettoyant la table des grands, dans les restaurants où
l’on a maintes fois laissé pour compte notre estomac broyé. Alors on s’est dit
que, pour les voyageurs égoïstes que nous sommes, la seule Inde possible est
celle de l’errance. Les images viendront à nous, les parfums viendront à nous.
Ce travail raconte l’errance à laquelle nous nous sommes finalement soumis,
sans carte, sans montre, humant comme des gosses les images en mouvement,
photographiant les odeurs, évitant la puanteur, évitant en tout cas de
l’enregistrer, renonçant à nos idées sur la question, pour se laisser dicter
par l’Inde les réponses qu’elle voulait bien nous donner aux questions que nous
ne lui avions jamais posées. C’est alors qu’elle s’est légèrement mise à nu,
devant nos yeux et sous notre nez, prête à nous gratifier de sa présence, des
rêves qui existent, qui se croisent au coin des rues, des marchés et des
temples, dans les campagnes et les bateaux, l’Inde des fleurs, des sourires,
des peaux huilées, des épices brutes et criantes, des vétivers secs, du santal,
des bois fumés doux et des fleurs de frangipanier. Mais si : l’Inde est
belle, l’Inde sent bon. »
Véronique Durruty et Patrick Guedj.
PROLONGATION
JUSQU’AU 16 DECEMBRE 2006
Entrée libre de 10h à 18h
Et le samedi de 10h30 à
13h et de 14h à 17h
louer l’exposition Inde des Sens (photographies et
parfums : nous contacter )