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Pas loin dans la
rue, il y a des néons rutilants, des échoppes de restaurants multicolores, des
gens pressés , malgré la pleine lune qui veille sur une tour pas très salubre
de Hong Kong
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D’ordinaire les nuits à
Allahabad sont calmes. Mais tous les 12 ans, pendant un mois, tout
explose : c’est la Kumbh Mela, une célébration hindouiste qui
rassemble des millions de pèlerins, 70 millions, dit-on, la nuit où cette photo
a été prise. Les pèlerins arrivent en train, en voiture, à pied, entraînant 24
heures sur 24 des embouteillages fous sur des dizaines de kilomètres.
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La nuit de La Havane se
complait à répondre à tous les clichés que l'on attend d'elle.
Danse sous l'oeil du Che, caliente, mojito. ( Un peu plus loin
sont garées les Belles Américaines )
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En avril sont célébrées les funérailles, préparées de longs mois à
l’avance, et où « les masques
sortent ». Ils arrivent vers minuit, à la seule lueur de la lune,
et la danse dure jusqu’aux premières lueurs du jour. Ces cérémonies permettent
à l’esprit du défunt de quitter le monde des vivants et de rejoindre
« l’autre côté ».
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Danse de nuit dans un campement pygmée. Tout le monde participe,
nouveaux-nés inclus.
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Fête sacrée, foire profane, la Kumbh Mela,
littéralement « foire de la
jarre », celle-ci ne contenait pas moins que le liquide d’immortalité,
mélange allègrement les genres. Les pèlerins passent de leurs ablutions sacrées
au marché à tout, dieux en plastique gonflable vantant les mérites des
tracteurs, échoppe de cacahuètes open 24 hours, et vendeurs d’offrandes.
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On a
l’impression de vide, on a l’impression que tout le monde dort, et qu’un désert
de tôle et de bambous s’est emparé de
Allahabad, mais c’est un faux-semblant, c’est le jeu de la photographie
d’isoler et choisir ce que l’on montre. En vérité, tout près, la foule des
pèlerins venus célébrer la Kumbh Mela déambule bruyamment.
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Pendant la fête de Lanna, les habitants sortent tard dans la nuit pour aller voir les spectacles de rue –
rock, danses traditionnelles, défilés de mode.
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Les nuits de Bangkok sont
colorées, pleines de peaux et de néons. Mais ma plus belle apparition est
celle-ci, un ange et son chaperon, sous la lumière rose niais du tuk-tuk,
entrevus dans le vacarme suffocant d’un embouteillage nocturne.
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Gion, l’un des quartiers de restaurants et de maisons de thé, peu
après la tombée de la nuit. C’est l’heure où les geishas, apparitions
fantomatiques flottant sur leurs getas*, se rendent à leurs rendez-vous.
Getas : socques japonaises traditionnelles avec
les semelles en bois. Celles des geishas sont particulièrement hautes.
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Sans pied, sans flash, sans
filtre, la poésie de la nuit se révèle. Mesure de la lumière sur le parasol
rouge, c'est 1/2 seconde de pose, il faut se caler contre un muret et faire la
photo en apnée.
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C’est le début de la nuit,
le début du désert dans ce quartier perdu de Copenhague, où quelques joggers
finissent leur journée, sous l’œil de chiens suiveurs.
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Efate,
l’île principale de Vanuatu, loin de la forêt vierge et ses tribus d’un autre
temps. Ici, à Port Vila, la capitale, la civilisation est de retour, il y a
même une aire de jeu pour enfants dans laquelle nous baladons notre fille dans
sa poussette. Demain, nous repartons dans la nature.
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Je suis un peu perdu avec mon appareil, sans me sentir en danger,
juste cette drôle d’impression qu’il n’y aura rien d’autre à faire que rentrer
à l’hôtel sans avoir prononcé un mot ce soir.
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Bangkok est une ville
floue. Quand on demande à l’appareil photo d’être naturel, il se contente
d’enregistrer ce flou et les couleurs qui le font vivre.
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Je les ai trouvés très
touchants, ils ne semblaient rien attendre de spécial,ce n’était pas à un feu
rouge, leur attente paraissait n’être là pour rien, rien qu’être bien dans les
bras l’un de l’autre, dans cette ville où rien n’est en principe gratuit.
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Nuit africaine mise en ambiance par des néons découverts et
quelques caisses de bière que des clients souriants, nonchalants, vident à
petit feu. C’est une atmosphère d’hommes, en général, sauf lorsque la télé dans
un coin montre des images de femmes qui dansent en dodelinant des hanches et de
la tête.
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C’est depuis le seizième
étage d’un hôtel de luxe à Hong Kong, derrière une baie vitrée qui donne le
vertige, et m’aspire toute la nuit. Le décalage horaire est lent. J’écoute une
musique électrique, je fais des photos, à toutes les heures de la nuit, de ce
paysage urbain et hypnotique.
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Contre plongée, sous l’un des
grands arbres nocturnes épaississant le centre-ville de Buenos Aires. Quelques
passants s’arrêtaient pendant que je réglais l’appareil, je leur souriais, mais
ça n’arrangeait rien, ils me pensaient fou et poursuivaient leur chemin.
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Un village du Queensland, loin de la mer, calme à en mourir. Dès
la tombée de la nuit, seul reste ouvert le bar-hôtel-restaurant tenu par une
jeune femme motivante pour les quelques clients enracinés jusqu’à la fermeture,
une bière à la main, l’œil et l’imagination perdus dans son décolleté.
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Dans les rues désertes les feux de circulation devenus inutiles,
clignotent. Je suis en voiture, la ville à travers la vitre défile de façon
abstraite, silencieuse. Je mets un disque de musique lente, et m’arrête à
quelques feux rouges pour faire les photos de ce film.
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C’est le quartier Palermo Viejo, où des restaurants chics et
branchés fleurissaient, où de beaux argentins venaient faire la fête à la mode
mondiale, loin des tangos enfumés de la banlieue. C’était une époque de
croissance, depuis on m’a dit qu’il y avait eu une fusillade à l’endroit de
cette image.
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La main d’un fantôme a marqué le taxi (en Afrique du nord, cela
porte chance ).
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On dirait que la ville est en feu, c’est le ciel humecté de
crachin qui renvoie et diffuse des lumières anarchiques. En plein centre ville,
on ne voit pas l’ombre d’un humain, mais on sent Buenos Aires intensément
vivante.
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Calmes batailles de rue,
débonnaires, cigarette tombante et T-Shirt d’Amérique. Adolescents en goguette,
chaque soir au même endroit, l’unique rue active de cette île du Cap vert.
Dedans, les bars crachotent des musiques nostalgiques, saudade, sous le
regard vitreux de quelques marins ivres, parents des adolescents qui dérivent
dans la rue.
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Cape Town, j’ai hésité à faire des photos la nuit, j’en ai fait
très peu. Pour la seule fois depuis le début de ce travail, j’ai cherché
quelqu’un pour m’escorter. Quelqu’un habitant ici, et qui m’a vite demandé
d’arrêter, peu de temps après que j’ai volé cette image.
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En république
centrafricaine vivent des pygmées aka, traditionnellement nomades, qui tentent
de survivre entre le maintien de leurs coutumes de chasseurs cueilleurs et le
salaire journalier que leur offrent les grandes exploitations forestières, qui
utilisent leur inestimable connaissance de la forêt pour détruire leurs ressources
traditionnelles. Le soir les problèmes s’estompent pour quelques heures. Après
une journée de cueillette des feuilles de koko dans la forêt, cette femme se
repose devant le feu du campement.
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Homme touareg en bivouac. Pause cigarette face au feu de camp.
Accroupi, l’appareil calé sur mon genou, une seconde de pause.
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Du Maroc à l'Egypte, du Niger à la Libye, le rituel du désert est
le même.
La nuit tombe, c'est l'heure du thé. Cuit, recuit, surinfusé, vingt fois
transvasé du verre à la théière, haut, très haut pour qu'il soit bien mousseux.
( Le lendemain du jour où cette image a été faite, nous tombions en panne pour
deux jours, et nous avons pensé mourir).
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Un thé au Sahara . Trois
tasses pour trois tournées : la première est douce et sucrée, sirupeuse et
lourde en bouche, la seconde se corse, la troisième amère et rêche est celle
des hommes.
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C'est un village au bord du
Mékong. On y arrive en bateau, d'anciennes vedettes super-rapides au look de
Concorde. Les vedettes ont vieilli, ralenti, on voyage à califourchon sur le
dos du Concorde. Nouvelle apparition la nuit au village : une soucoupe
volante ? Une capsule sous-marine de Jules Verne ? Non, vus d’en
haut, les phares d’une voiture éclairant la rue en terre battue du village.
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C’est la
photo fondatrice de notre travail sur la nuit. L’avion nous avait débarqués
sans ménagement au milieu de la nuit, on était shootés par les heures de vol,
le décalage horaire, le choc d’arriver loin, dans une ville qui nous tient en
haleine. Le taxi déambulait en brinquebalant comme un fantôme parmi d’autres
fantômes, d’autres voitures de la nuit, des mendiants, des dormeurs pauvres,
des néons de travers. Collés à la vitre du taxi, l’appareil coincé entre l’œil
et la saleté du pare-brise, on a commencé à appuyer, sans égard pour le viseur
d’une machine habituée à se régaler de lumières normales, naturelles. Nous
découvrions l’obsession maniaque de nos prochaines années.
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Son et lumière aux pyramides de Giseh – des barrières pour
empêcher les resquilleurs de voir ( il suffit de monter au premier étage du
fast food en face )
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De la rosée sur le capot d’une Peugeot. C’est bientôt l’aube.

Fausses Guess, vraie drague. La nuit sur une terrasse de bar à
Tamatave.
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La nuit d’Halloween est devenue planétaire. Nikita-sorcière, à Dax
dans les Landes, fait le tour des donneurs de bonbons potentiels.
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A Mexico, la nuit est dure.
Pas sûre. Grimace? Sourire? Pistolet sous le coude?
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A quelques kilomètres des hôtels de luxe de Nosy-Be, c’est Hell-ville,
la ville du diable.
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Quelques années après Saigon, le bruit des mobylettes a envahi
Hanoi, absorbant le silence bruité des vélos. Le privilège des images est de
n’en garder qu’une trace rouge silencieuse, entre moines et minijupes.
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Une
station-service-épicerie-bar-restaurant-bureau-de-poste-marchand-de-journaux-buraliste
au bord d’une route de l’outback. Et même un client.
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Sur l'île s'est développé
dans les années 40 le cargo-culte de Jonfrum ( venant peut être de "John
from America"). Ses adeptes se réunissent à Sulfur Bay le vendredi soir,
et dansent toute la nuit sur des airs aux accents de gospel, en attendant les
grands bateaux qui viendront leur apporter la fortune…
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Le centre chic de Londres est souvent vide de piétons. Ils
seraient petits au milieu des monuments institutionnels trop bien éclairés, et
des grands parcs barricadés, qui à la tombée de la nuit se transforment en
déserts d’or et de lumières. Parfois, une exception fragile, un personnage ou
deux traversent la voie.
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Sur les hauteurs de Tana, quand la nuit tombe, une oasis de
douceur, joli parc dominant la ville, avec des bancs comme dans une ville
riche, et des grandes lumières comme dans une ville riche, accueille les
amoureux et les petits vieux qui attendent d’avoir sommeil.
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La
médina de tripoli se transforme la nuit en un grand théâtre pas très sûr, en
ruine, où les fils électriques tendent leurs toiles en projetant sur les murs
alentour des ombres effrayantes. Dignement des gens passent, souvent habillés
de blanc, et rappelant le désert qui commence pas si loin.
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Je passais une bonne partie du jour à l’hôtel Raffia, un petit
endroit de quelques chambres avec son mobilier en raphia. Le soir, je sortais,
comme on part en chasse, pour chercher des images, en combattant le stress
d’une agression possible. Dés la porte du Raffia passée, une énergie forte
m’envahissait, puis je tombais toujours sur ce petit vendeur de grillades qui
semait ses parfums de viande épicée. Alors chaque soir je stoppais net ma
course pour m’asseoir sur un bord de trottoir, une brochette à la main.
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Balade du soir, en famille, autour des murs ceinturant la
vieille ville d’Essaouira. Des airs de désert, alors qu’on en tout près de la
mer.
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La nuit, l’île mythique prend un coup d’éclat ; au matin la
tôle en or redeviendra rouille.
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Manhattan depuis le taxi qui m’emmène à JFK. Floues mais debout,
les Twin Towers sont encore là pour quelques mois.
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Loin des néons, la nuit à New York peut être triste, aussi. Reste
la touche rouge coquelicot des chaussettes.
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Ce n'est pas Harlem, c'est Tana. Sortie de Boite. La nuit draine
son cortège hétéroclite : petits voleurs, petites putes, petits vendeurs ( de
brochettes et de capotes ). Petits dealers et enfants tristes.
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Manhattan, Lower East Side comme dans les
films : les réservoirs d’eau, les façades en brique, les escaliers
métalliques et la pleine lune.
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La lune dans le caniveau.
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La nuit tombe tôt à
Zanzibar. La vieille ville de Stonetown s’endort, et le marché du bord de mer
s’éveille. On y mange de tout, poulpes grillés, poulet grillé, frites ou chapattis*.
A côté, quelques Peuls en costume sortis d’on ne sait où vendent des bijoux de
pacotille aux touristes.
* chapatti :
petit pain indien. Le passé commercial de Zanzibar a mené sur l’île indiens,
africains, moyens orientaux et occidentaux, créant sa culture si particulière.
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Marché né sur un bord de trottoir. Autour, la ville déferle,
bruits des klaxons, pollution, lumières en vrac, et gentillesse des habitants.
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Marché aux épices éclairé par une petite ampoule tombant au bout
d’un fil nu, qu’on ne voit pas tout à fait sur la photo.
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Vision insolite dans les rues de Tripoli, la nuit. Samedi soir,
jeunes femmes maquillées, cheveux au vent pour l’une d’elles, heureuses de
poser devant l’appareil photo.
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Belleville en été. L'air
est doux, les feuilles sont vertes. ( Plus tard, j'ai vainement cherché à
retrouver l'endroit exact de la photo).
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Hommage à Brassai. 117, rue
Réaumur.
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Les poteaux raides comme la justice surveillent la ville désertée.
Je ne traverserai pas avant que le signal lumineux ne m’y autorise.
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Bientôt le spectacle sera sur l’écran. Pour l’instant le spectacle
est l’écran, bleu comme le ciel qu’on rêve le jour.
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La baie du Mont Saint-Michel vue du Mont Saint-Michel ( seul
endroit d’où l’on ne voit pas les éclairages du Mont Saint-Michel ).
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A cette heure-ci, elle
devrait être au lit ( demain il y a école ).
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Sao Paulo, fatigue visuelle.
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Rio, fatigue physique.
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Les cabines de téléphone
brésiliennes sont design comme la nuit de Brasilia que je n'ai pas
photographiée.
Et composent une scène
nostalgique comme un tableau de Hopper.
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La nuit est douce, l’air est suave, le vélo pédale sans forcer.
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Depuis le balcon de l’hôtel Joffre.Fils électriques en scoubidous..
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Quelques secondes avant, un couple d’amoureux s’embrassait sur la
plage.
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Depuis la fenêtre de chez nous, une nuit sans sommeil. Nos voisins
doivent penser qu’on les prend en photo.
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Elle danse le legong* dans un hôtel de luxe. C’est l’heure
de la pause. Juste le temps de courir au marché de nuit pour y acheter quelques
brochettes de sate ayam**.
*legong : danses de palais balinaises traditionnellement
effectuées par de très jeunes filles.
** sate
ayam : brochettes de poulet à la saute de cacahuètes, plat populaire
traditionnel à Java et Bali.
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La nuit, si vous lui faites un vrai baiser d’amour, le crapaud se
transformera (peut-être ) en prince charmant.
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Bus de nuit. Le temps d’un feu rouge les passagers s’endorment sur
les banquettes.
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Un marché aux fleurs près d’un lac de Tana. Ouvert la nuit, mais
pour personne.
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Personne, ou presque.
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Elle cherche un homme aisé, à qui prêter son corps, en échange de
l’amélioration de son ordinaire – vêtements, bijoux, week-ends.
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Diabolique – l’éclair des phares rouges sur le mur bleu ciel.
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Insomnie. Dans mon dos le mont Yasur en éruption éructe
bruyamment.
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Toit chinois illuminé, autoroute, c’est Taipei. Ce bâtiment
s’appelle le Grand Hotel, on y entre en souriant.
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Un Hôtel de Paris comme on peut en trouver en Tunisie, au
Sénégal ou au Vietnam, partout où la France, un temps, a enseigné « nos
ancêtres les Gaulois… »
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La nuit les piétons incongrus passent vite pour se faire oublier,
Helsinki n’est pas Madrid.
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C'est à Tokyo. Regardez, il
y a des idéogrammes sur la façade.
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Les nuits de Bucarest ressemblent à un grand théâtre aux décors de
carton pâte, déserté par les dictateurs d’antan et laissé en plan comme
coquille vide. On se balade sous la pluie, sans croiser grand monde, en
imaginant les discours glaciaux que devaient livrer les politiques depuis les
balcons de leurs palais.
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L'été, ville morte pendant
la journée, la vieille ville arabe se réveille la nuit.
Pas de fraîcheur, mais un
moins de suffocation qui permet de faire des gestes doux.
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Comme tous les vrais ports, ceux des cargos et des marins en
transit, Vera Cruz ne s’endort pas, sa nuit est accueillante. Et plus tard,
bien après que les ballons sont rangés et la mamie couchée, Vera Cruz reste
infiniment vivante et chaude comme les couleurs qu’elle imprime sur la
pellicule.
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J’aime Tokyo et son énergie, le kawai* et la surabondance
de codes qu’ailleurs j’exècre. Eux ont le même casque et les mêmes lunettes qui
leur font les grands yeux et la petite bouche des personnages de mangas.
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On les appelle Shibuya girls. Elles sont sacrément lookées.
D’ordinaire, le sac de leur panoplie est plutôt un Vuitton.
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Place Jemma el Fnâ, au dessus de la fumée des brochettes, on peut
voir la lune.
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Dans le port de Padangbai, les bateaux de pêcheurs aux têtes
d’espadon ( pour faire appeau ? ) sont rentrés pour la nuit.
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Embouteillage à Tripoli. Ailleurs la circulation est fluide, mais
ici dans la medina, trois voitures simultanées suffisent à tout coincer.
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Elle est bâchée. Cela la protège de la poussière, de la chaleur,
mais surtout cela lui confère son statut d’objet précieux.
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Il fait les cents pas devant le bar Tito’s. De l’autre côté des
femmes se déshabillent pour le plaisir des yeux seulement – interdit de
toucher.
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Immeuble à Vienne, on le dirait fait de lumière.
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Des gondoles passent sous un pont de Venise, des amoureux matent
en regrettant que les gondoles à Venise coûte 80 euros pour deux kilomètres.
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La mer éclairée par la seule pleine lune.
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